Défi 333 – Comment j’ai échoué, et pourquoi c’est une victoire

“C’est normal, c’est en se cassant la gueule qu’on apprend à marcher ; combien de fois j’ai failli m’étouffer avec un os de lapin. Il faut jamais se laisser abattre par un échec, c’est ça le secret.”

~ Karadoc, interprété par Jean-Christophe HEMBERT (écrit par Alexandre ASTIER)

Etape 1 : Admettre l’échec

J’aurais pu faire un nouvel article sur le défi 333, expliquer en quoi ce challenge minimaliste est attrayant et sympathique. Mais je préfère laisser ce travail à l’excellent article de S’organiser Facile. Cette fois, je veux parler de l’échec. Et de la manière de le gérer.

En fait, quand j’ai échoué à relever ce défi, j’ai pu constater une chose étrange ; de très nombreux articles sur la blogosphère parlent de la manière de le relever. Par contre, je n’ai trouvé aucun article relatant la manière d’y échouer ! Est-ce dû à une tendance – très humaine – à vouloir nous montrer sous notre meilleur jour sur les réseaux sociaux ? Ou bien suis-je tout simplement l’un des rare spécimen qui se soit trouvé incapable de relever le défi 333 ?

Pourtant, qu’on se le dise, j’ai un tempérament de challenger. Mon premier réflexe face à une nouvelle envie est de me dire que je n’ai rien à perdre à essayer. Je suis donc de cette espèce qui, quand elle doit apprendre la couture, se lance d’emblée dans une robe victorienne avec corset. Et, plus exaspérant encore, je suis le genre à qui ces tentatives foireuses réussissent le plus souvent – bénie soit ma détermination de tête-de-pioche. Mais pas cette fois.

L’échec fait partie de la vie, et quand j’échoue quelque part, mon premier réflexe est de démoraliser, comme tout le monde. C’est juste normal. Admettre que l’on a échoué, c’est toujours la première étape pour se relever. Je crois que la seule personne qui puisse se targuer de n’avoir jamais échoué, c’est celle qui n’a jamais essayé.

Étape 2 : Trouver les raisons

Cela dit, la tendance à tomber dans les pièges qu’on a nous-mêmes placés, c’est une tragédie que nous autres coyotes connaissons très bien. Un de mes cousins qui peut vous le confirmer, c’est Wile, qui bosse chez les Looney – avec un grand volatile bleu qui lui mine le moral. Pour ne pas finir aussi désespéré que lui, j’ai apprit à tirer des leçons mes échecs. (Wile, si tu me lit, sache qu’il n’y a rien de perso.)

De cette façon, à chaque échec, je tâche de me demander pourquoi j’ai échoué, et d’être reconnaissant pour cette opportunité d’apprentissage qui m’est donnée. Parce qu’une fois qu’on connaît les causes d’un échec, ce dernier devient une leçon. Il devient l’opportunité de faire le point, de tirer des conclusions, de mieux se connaître … Et donc de s’ajuster, pour pouvoir recommencer – mais en mieux !

Ainsi, dans notre exemple, j’ai échoué le défi 333 parce que :

1. Je suis synesthète ! Puisque pour moi le orange est associé à une notion de joie, je ne vais pas pouvoir le porter un jour où j’ai le bourdon. Il me faut donc suffisamment de couleurs pour mixer et matcher avec mes besoins et mes humeurs.

2. J’ai un problème de récompense. Vous savez, quand votre chien vous a donné la patte, vous lui donnez un su-sucre ? Et bien je fais pareil avec moi-même, en version coyote. Quand j’ai passé une journée particulièrement pourrie, j’apprécie de m’auto-récompenser pour avoir tenu le coup. Je peux m’auto-récompenser, par exemple, en choisissant d’acheter une part de cheesecake … Ou bien, pourquoi pas, un T-shirt rigolo en friperie. Et même si ces achats vestimentaires sont toujours réfléchis (et prévus de longue date, de sorte qu’ils ne donnent pas lieu à des regrets), ils restent une pièce supplémentaire dans ma garde-robe !

3. C’est vrai, je n’ai pas 33, mais plutôt 45 vêtements et accessoires pour une période de trois mois (ce chiffre incluant bijoux, chaussures et sacs). Mais … Je les porte tous régulièrement ! Et comme je l’ai déjà évoqué précédemment, j’ai horreur du gaspillage ; alors au fond, puis-je vraiment me débarrasser de quelque chose que j’utilise ?
Et bien, la réponse et non. Parce que cela ne correspond tout simplement pas à l’une de mes valeurs : la durabilité.

Etape 3 : Reconstruire le projet

Il y a souvent plusieurs périodes, plusieurs étapes à la reconstruction d’un projet après que ce dernier ce soit heurté à un échec, et après que les raisons de cet échec ait été trouvées. Mais pour moi, la question qui revient toujours est :
Comment puis-je faire pour ne pas renoncer à mon but, pour dépasser mes obstacles et travailler avec ce que j’ai apprit ?

Dans mon exemple, j’ai d’abord apprit que les couleurs d’un vêtement ont vraiment une importance pour moi. Il s’agira donc d’en avoir bien conscience, désormais !

La seconde chose dont j’ai pu prendre conscience, c’est mon besoin d’auto-récompense. Dans le cadre de mon projet, ce besoin est contournable ; il faudrait que j’apprenne à ne pas céder à des achats-récompenses sous forme de vêtements. Et pour cela, il me faudrait mettre en place une autre manière de m’auto-récompenser. Comme peut-être aller prendre un café avec ami, ou m’offrir un bon chili végétarien !

Quand à mon troisième obstacle, il y a une manière idéale de faire avec. Je pourrais tout simplement considérer qu’avoir 45 vêtements et accessoires pour trois mois, c’est déjà bien. Pour coller à ma valeur de durabilité, je peux attendre d’avoir usé 12 vêtements et accessoires. Et pour coller à mon besoin de simplicité, j’oublierais consciemment de les remplacer … ce qui devrait, d’ici quelques années, faire tomber le compte à 33 !

Car, lorsque l’on poursuit un projet important pour nous, le temps peut faire tout autant que la détermination. Laisser un projet en suspend ne signifie pas obligatoirement qu’on l’a abandonné ; mais de mon expérience, un projet qui nous tient à cœur est toujours guidé par nos valeurs et besoins.

Dans mon cas, le projet 333 portait une valeur durabilité, un besoin de simplicité et de durabilité. C’est ces deux valeurs que je vais conserver, et respecter, en acceptant tout simplement que je ne peux pas relever ce défi – en tout cas, pas pour l’instant. Parce que, reconnaître que l’on est dans l’impossibilité de poursuivre un challenge et pouvoir expliquer pourquoi, c’est déjà une belle victoire dans la connaissance de soi.

De celui qui dans la bataille a vaincu mille milliers d’hommes et de celui qui s’est vaincu lui-même, c’est ce dernier qui est le plus grand vainqueur.

~ Le Dhammapada par Thanissaro

Méthode – le récapitulatif …

  1. Accepter l’échec. Accepter qu’il est normal, qu’il est humain de se sentir mal face à ce dernier. L’échec est ordinaire, il est même nécessaire à la réalisation d’un projet !
  2. Se demander quels obstacles et quelles raisons nous poussent à considérer que nous avons échoué. Les lister.
  3. Étudier un à un les éléments précédemment listés. Relever les besoins, les émotions ou les valeurs auxquelles chaque élément correspond. Trouver un moyen de les contourner, de faire avec … Ou bien prendre conscience de notre incapacité à les éviter, et nous reconnaître la légitimité d’être limité.
  4. Retenir ce que ces raisons, ce que ces obstacles nous ont apprit de nous-mêmes, de nos valeurs, nos besoins. A ce stade, l’échec n’est déjà plus ; il est devenu un outil qui nous permettra d’envisager, pour la prochaine fois, quelque chose qui nous est plus adapté … Et une victoire certaine dans l’apprentissage de soi.

Share the love, puppies ! 🌸


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