Challenge 1.1 : Le désemcombrement

Le désemcombrement : Quésaco ?

Quand on commence à causer minimalisme, on en vient toujours rapidement au désemcombrement. Pour faire simple, disont que le désemcombrement consiste tout simplement à virer de chez soi ce dont on n’a pas ou plus besoin. En théorie, cela semble plutôt simple. En réalité, c’est quand on commence à trier qu’on se rend compte du nombre de choses qu’on peut accumuler sans en avoir véritablement besoin, et que l’on garde pour X ou Y raisons …

Au pays des boîtes à thé …

Petit tour d’horizon des fausses vraies raisons …

Je préfère le garder, au cas où. (Entre nous, qui a déjà prononcé ce fameux « au cas où », tout en pensant sincèrement qu’il y aurait un « cas où » ? Pas moi en tout cas !)

Ca m’a coûté tellement cher … (Oui, mais si tu ne t’en sers pas, ton argent est déjà gaspillé de toute manière. Je sais, c’est ch*ant, mais c’est comme ça.)

Je l’ai quand même bien utilisé il y a deux ans. (La réponse est dans la remarque ; si c’était il y a deux ans, alors ce n’est plus d’actualité !)

C’est Séb’ qui me l’avais offert au mariage de tante Clothilde. Je ne m’en sers pas, mais un cadeau ça ne se donne pas. (Tout d’abord, je veux bien votre recette pour arriver à vous faire offrir des cadeaux à un mariage qui n’est pas le vôtre ; Ensuite, puisque c’est votre cadeau, c’est à vous qu’il appartient … de facto, vous en faites ce que vous voulez.)

Il me rapelle de bons souvenirs, même si je ne l’utilise pas. (Ok, c’est une bonne raison. Peut-être est-ce tout de même possible de recycler cet objet de façon plus utile ? Faire des vases avec les vieilles bottes de pluie de vos enfants ; ou faire un tote bag avec ce vieux pull adoré que vous ne portez plus ?)

Et les vraies bonnes raisons alors ?

La raison principale qui nous pousse à garder un objet, c’est le fait que ce dernier soit utile. Mais à mon sens, une vraie bonne raison de garder un objet ne tient qu’en quatre mots ; Il vous rends heureux. Si lorsque vous le regardez, il vous fait éprouver quelque chose de positif, quelque chose qui vous rends sincèrement heureux, alors il mérite qu’on le garde.

Attention, voici la minute hippie-animiste (ou bisounours qui s’ignore, c’est selon vos références) ;
Je crois tout simplement que, vous comme moi, nous méritons d’éprouver de la joie face aux objets que nous côtoyons tous les jours ; et les objets que nous côtoyons, qui sont le fruit du travail d’autres personnes, qui sont une part de la vie d’autres humains, méritent également d’être utilisés dans la joie. Si cette joie, cette satisfaction, cette fierté n’est pas au rendez-vous, alors autant donner cet objet à quelqu’un d’autre, pour qui cette joie sera au rendez-vous.

Cela n’a l’air de rien, mais c’est l’une des raisons pour laquelle je n’hésite jamais à donner des vêtements. Je les ait achetés, la plupart du temps d’occasion où en brocante, mais je ne les portes plus. Par contre, je sais qu’ils iront très bien à cette amie qui adore les couleurs pastelles, ou à cet autre qui est fan de métal. En retour, ils me donneront eux aussi des vêtements qui me feront penser « c’est un ami qui me l’a donné » – et cette pensée me procure plus de joie que « je l’ai trouvé à 4€ en brocante ».

« Bien joué, on a presque tout enlevé !
– Tu parles, il y a même pas de quoi me faire un terrier. »

Et mon désemcombrement, dans tout ça ?

Puisque je ne l’avais pas fait depuis dix ans, autant vous avouer que ce ne fût pas du luxe ! Hédoniste par nature, je n’ai pas vraiment eu de difficulté à lister ce qui me rend heureuse, où les objets qui contribuent à mon bonheur. Certaines choses, bien que ne répondant pas à un besoin, bien que n’étant pas utiles, me rendent véritablement heureuse – de sorte que je serais bien en peine de m’en séparer.
Par exemple, j’aime avoir cette variété de thé pour mon instant chill du matin, suffisamment de papier et de couleurs pour exercer mes talents artistiques, et un peu d’espace pour méditer et faire du yoga. J’aime avoir sous les yeux des objets qui ont une histoire ; cette peluche offerte par chouchou, cette commode qui appartenait à l’arrière grand-mère, ce jouet que m’a fabriqué mon père, où cette panière ramenée d’un voyage au Maroc.

En revanche, je n’ai ni l’intérêt ni l’envie de conserver ces moules à tartes dont je ne me sers jamais, ces vêtements que je n’ai plus mit depuis des années, cette collection de sacs et porte-monnaies que je gardais juste « au cas où », ou ce meuble suédois aussi encombrant que vide. Il y a aussi d’autres objets dont je pourrais me passer, mais que pour une question évidente de non-gaspillage, je compte utiliser tant qu’ils sont en état de marche. J’oublierais simplement de les renouveler lorsque ce ne sera plus le cas. (Coucou, télévision ! Coucou, micro-onde !)
Je me suis tout de même gardé trois « jocker » – des objets pour lesquelles joue l’affect, de sorte que je m’en débarrasserais en dernier.

Afin de faciliter un changement durable, j’ai aussi mis en place une règle du « un dehors, un dedans » ; autrement dit, si quelque chose rentre dans mon appartement (un livre, pour exemple) alors autre chose (dans ce cas-ci, un autre livre) doit forcément en sortir. Une autre astuce est aussi celle de la « panière de désencombrement » où je mettrais, au fur et à mesure, ce que je trouverais inutile. Ainsi, mes amis en visite pourront même fouiller dedans et qui sait, peut-être trouveront-ils leur bonheur !
A la fin de chaque mois, tout ce qui n’a pas été récupéré ira à l’association de quartier.

D’ailleurs, je ne vais pas mentir ; je ne suis pas encore au bout de mes peines ! En tout et pour tout, pendant mes deux mois de désencombrement, j’ai dû évacuer de mon appartement près de dix kilos de bric-à-brac en tout genre ; vêtements, casseroles, livres, papiers et stylos, vieilles paperasses, accessoires en tout genre … En procédant étape par étape, pièce par pièce et meuble par meuble, j’ai réussi à en venir à bout.
Excepté pour la penderie ! Je dois l’admettre, les vêtements sont un gros point faible chez moi ; il m’est difficile de savoir hors saison ce que je vais véritablement porter ou non, de sorte que je continue à faire mon tri petit à petit. Ce sera peut-être le sujet d’un nouvel article, un de ces quatre.

En guise de récompense, mon petit appartement en sous-pente semble plus propre, plus aéré, et tout ce que j’y vois (ou presque) me procure un sentiment de joie. Fidèle à moi-même, j’ai veillé à ce qu’aucun objet ne soit jeté. N’en déplaise à Marie Kondo, j’ai horreur du gaspillage – je ne mettrais jamais à la poubelle quelque chose qui puisse encore servir ! A la place, tout a été recyclé, donné à des amis, de la famille ou à l’association de quartier, selon les besoins de chacun. Encore une preuve, s’il en fallait, que ce qui est inutile pour l’un est important pour l’autre …

A bientôt, je l’espère, pour une prochaine étape !


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