La mode et moi – En finir avec le culte de l’apparence

« Toi ? Blogueuse mode ? Ah-ah, ah-ah ! Non mais sérieux, tu y crois ? »
C’est grosso-mordo la réponse que m’a faite l’un de mes amis quand je lui ait parlé de ce nouvel article. Je comprends totalement sa réaction ; la mode actuelle, ou plus précisément ce que le monde nomme la « fast-fashion » n’est pas vraiment ma tasse de thé. En revanche, en tant que membre de la génération Y, j’ai eu mon lot d’expérience erratique dans ce domaine.

Petit retour en arrière : la « fast-fashion », en tant que phénomène de société, est un concept assez nouveau. Même si la tendance change aujourd’hui à la vitesse de l’éclair, transformant en un clin d’oeil cette magnifique chemise que l’on vient d’acheter en une fripe bonne à jeter, cela n’a pas toujours été le cas. Avant la mondialisation et le développement exponentiel des industries textiles, la mode changeait plus lentement, et comme conséquence logique, les vêtements circulaient moins, en étant conservés plus longtemps par leurs propriétaires respectifs. Et bien sûr, depuis mon entrée dans le monde du minimalisme, je privilégie d’autant plus cette idée de longévité.

En fait, dès mon plus jeune âge, j’étais déjà incapable de m’entendre avec quoi que ce soit de rapide. Et c’est là qu’intervient mon premier conflit avec la « fast-fashion ». Soyons honnête ; je n’ai jamais aimé suivre les tendances, et faire du shopping n’est pas non plus ma distraction favorite.
Mon tempérement aussi artistique que pragmatique me pousse à croire que le vêtement doit être confortable, durable, et s’adapter à ce que je souhaite exprimer de ma personnalité. Alors m’imaginer acheter un vêtement neuf, et surtout cheap, qui ne me conviendrait pas, simplement pour suivre une tendance éphèmere ? Cette idée me fait grinçer des dents.

Aujourd’hui, je clame haut et fort ma passion pour les vêtements cousus mains et d’occasion, vintage ou rafistolés, et customisés.

« Si les gens sont des livres, pleins de rebondissements et de surprises, leurs vêtements en sont la couverture. »

Et pourtant, j’ai compris très vite que dans l’inconscient collectif, la mode représente bien plus que l’aspect artistique et pratique que j’y trouve. Je constate souvent que si les gens sont des livres pleins de rebondissements et de surprises, leurs vêtements en sont la couverture – et c’est sur cette couverture que se portera le premier jugement, en dépit du vieil adage.
Dans l’absolu, cela n’est pas une mauvaise chose ; ainsi certains vêtements se transforment en une façon de s’exprimer. Parfois, ils deviennent même une façon de lier. Les jeans baggy deviennent un attribut des skeaters, et les tailleurs-pantalons repassés deviennent celui des BCBG. En fonction de ses vêtements, chacun peut alors rencontrer des gens qui lui ressemble, et partager les mêmes intérêts, les mêmes questionnements.

Mais, au-delà d’être une façon de s’exprimer et de se jauger les uns les autres, la mode traduit surtout l’imaginaire, l’inconscient social qui pèse sur nos apparences. Pourquoi ? Parce que même si ce que vous portez ne regarde que vous, l’image que vous donnez ne vous appartient jamais.

Elle appartient à ce que les autres perçoivent d’eux-mêmes, à ce qu’ils perçoivent du monde qui les entoure, et donc … à ce qu’ils perçoivent de vous. Ainsi, lorsque quelqu’un change de trottoir en voyant arriver une personne au look gothique, ce n’est pas tant à cause de l’apparence de cette personne qu’à cause des clichés (morbides, pour la plupart) qu’elle associera à cette façon de s’habiller.
Lorsque des gens se moquent de l’apparence de quelqu’un, où s’amusent à chercher des « fashion faux-pas », il retourne du même phénomène. En agissant de cette manière, ils ne critiquent pas tant le goût des autres que les leurs.

D’ailleurs, soyons honnête ; qui peut vraiment prétendre que son opinion a été validée par le Ministère de l’Elégance Indicutable, ou par la Grande Instance du Bon Goût Absolu ? Je vous le promets, même Coco Chanel et Lady Gaga ne peuvent s’en targuer. D’ailleurs, le fashion faux-pas de l’une sera probablement la découverte de l’année pour l’autre. Comme quoi, les opinions …

« Comme toujours, le jugement n’est pas une affaire de raison, mais de perception. »

En fait, nous touchons là à l’une des premières choses que m’a apprise mon crâne rasé ; vous ne pouvez empêcher les autres de vous juger sur votre apparence. Comme ces critiques plus ou moins bien fondées ne vous appartiennent pas, vous ne pouvez ni les contrôler, ni même les rectifier.
Ici se loge le chapitre « harcèlement scolaire », dont mon apparence était un facteur déclencheur. Il n’était cependant pas le seul, puisque j’ai compris bien plus tard que le véritable problème était du côté de mon attitude. Et pour cause ! J’avais en main une information que mes camarades, eux, cherchaient encore à apprendre ; vous n’êtes pas ce que vous avez, ni même ce que les autres pensent de vous.

Vous souhaitez une preuve de ce que j’avance ? Et bien la voici !
Dans mon enfance, j’étais perçue comme une « pauvresse » avec les vêtements réparés, améliorés et cousus par les soins de ma tendre maman. Aujourd’hui, si j’aime porter les mêmes vêtements (littéralement les mêmes : j’attends toujours une poussée de croisssance) que j’ai cousus, réparés et customisés, cela fait de moi une « écolo » !
On peut donc le constater avec humour ; bien heureusement, notre apparence – et les remarques qui l’accompagnent – ne connaissent pas l’absolu. Les préjugés changent allègrement en fonction des gens que nous rencontrons, et de l’évolution de la société.

Aussi, si vous en avez assez des tailleurs-pantalons et des baskets blanches recommandées par « Dandy magazine », et si vous avez l’envie sincère de sortir avec une casserole sur la tête et un noeud papillon arc-en-ciel, je crois vraiment que vous devriez le faire. Peu importe que « Grazzia » prétende que ce n’est pas la saison des casseroles – et que ce ne le sera jamais d’ailleurs ! Si à l’inverse, vous avez envie d’abandonner la casserole pour un tailleur-pantalon sobre, vous devriez le faire aussi ; pas pour les autres, mais pour vous-mêmes.

Ce que ce que vous décidez de faire apparaître n’appartient qu’à vous. Vous ne pouvez pas changer votre apparence corporelle, mais vous pouvez contrôler votre façon de vous exprimer à travers vos vêtements. Vous ne pouvez pas contrôler les jugements qui sont adressés à votre apparence, mais vous pouvez choisir votre manière d’y réagir.
Aussi, si votre image de vous-même ne vous convient pas, ou ne vous mets plus à l’aise, vous pouvez donc en changer – sans avoir à vous soucier de jugements extérieur faussés. Toutes les critiques et les objections du monde ne pourront changer cela … A moins, bien sûr, qu’il s’agissent des vôtres !

Sur ce, je dois vous laisser. J’ai un pantalon bariolé et un t-shirt punk à enfiler.


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